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Le bon usage des antibiotiques par les patients

L’usage abusif et trop souvent incorrect des antibiotiques a contribué à l’apparition et à la dissémination de bactéries qui sont devenues résistantes aux antibiotiques. Ce phénomène est devenu progressivement un problème majeur de santé publique pour la France et dans le monde entier.


Qu’est-ce qu’un ANTIBIOTIQUE ?

En 1928, la découverte de l’action « antibiotique » d’un champignon appelé le Penicillium, a donné naissance au premier antibiotique, « la pénicilline ». Celui-ci a révolutionné la médecine en diminuant très largement le nombre de décès par infections bactériennes très courantes à l’époque pré-antibiotique. Aujourd’hui, il existe plusieurs classes d’antibiotiques, ce sont des médicaments d’origine naturelle, semi-synthétiques ou de synthèse.


LES ANTIBIOTIQUES, à quoi servent-ils ?

Depuis des décennies, les antibiotiques ont permis de soigner des infections bactériennes et de réduire considérablement la mortalité par maladies infectieuses, comme la pneumonie ou la tuberculose. Première cause de mortalité en 1940, ces maladies ne sont aujourd’hui responsables que de 2 % des décès en France. Les antibiotiques sont efficaces uniquement contre les bactéries.

Les infections virales (rhino-pharyngite, bronchite aiguë, grippe, rhume…) et les infections bactériennes (tuberculose, cystite, pneumonie…) présentent des symptômes souvent similaires (fièvre, toux, troubles digestifs, courbatures) mais elles ne doivent pas être traitées de la même manière. Par exemple, 75 à 90 % des cas d’angine chez l’adulte ou 60 à 75 % chez l’enfant sont d’origine virale et dans ces cas-là, les antibiotiques ne sont pas efficaces car ils n’agissent pas sur les virus. Ils ne permettent pas au patient de guérir plus vite ni de se protéger des infections virales transmises par d’autres personnes. En cas de maladies virales courantes, la guérison survient naturellement en 1 à 2 semaines, sans antibiotiques. En cas de persistance ou d’aggravation des symptômes, il est toutefois nécessaire de consulter à nouveau son médecin.

Seul un médecin fera le bon diagnostic et pourra décider si le patient a effectivement besoin d’un traitement antibiotique.


L’ANTIBIORESISTANCE, qu’est-ce que c’est ?

Pour une bactérie, l’antibiorésistance est la capacité, à devenir résistante aux antibiotiques, en développant des mécanismes de défense, diminuant ou annulant l’action des antibiotiques qui la combattent. Ce phénomène touche aussi bien les bactéries à l’origine des infections que les bactéries généralement inoffensives qui sont naturellement présentes sur notre corps, chez les animaux (de compagnie ou de production alimentaire) et dans l’environnement. Lorsque la résistance s’est développée chez l’une ou l’autre de ces espèces bactériennes, elle peut être transmise à d’autres espèces, et ainsi contribuer à l’expansion du phénomène et à sa diffusion. Les antibiotiques deviennent ainsi inefficaces et ne peuvent plus nous soigner contre des infections à bactéries résistantes.


Les antibiotiques peuvent-ils soigner des INFECTIONS PRODUITES PAR DES BACTERIES RESISTANTES ?

Les antibiotiques prescrits habituellement par le médecin (dits « de première ligne ») peuvent ne pas être efficaces contre des infections provoquées par des bactéries résistantes, il faut alors avoir recours à des antibiotiques plus puissants. Cependant, il peut arriver que des antibiotiques efficaces viennent à manquer pour traiter certaines infections, aboutissant à des situations où il n’existe plus aucun traitement possible ; on parle alors « d’impasse thérapeutique ». Cette difficulté est accentuée par l’absence de développement d’antibiotiques possédant un nouveau mécanisme d’action, au cours des 20 dernières années.


L’ANTIBIORESISTANCE, quelle en est la cause ?

Depuis la découverte de la pénicilline, chaque nouvelle génération d’antibiotiques a vu apparaître des mécanismes de résistance lui correspondant. Une bactérie peut échapper à l’action d’un antibiotique, du fait d’une mutation génétique, ou par acquisition d’un gène de résistance transmis par une autre bactérie, souvent favorisés par l’exposition aux antibiotiques. En se multipliant, la bactérie va transmettre sa résistance aux antibiotiques à sa descendance. Plus on prend d’antibiotiques, plus le risque s’accroît de faire émerger des bactéries résistantes qui rendent les traitements antibiotiques ultérieurs moins efficaces. Aujourd’hui, de nouvelles résistances bactériennes se multiplient, en ville, comme à l’hôpital, et poussent les médecins à utiliser des antibiotiques toujours plus puissants. L’usage répété de ceux-ci contribue aussi à renforcer l’émergence de résistances à ces antibiotiques plus puissants.


L’ANTIBIORESISTANCE, quelles conséquences ?


L’antibiorésistance est un grave problème de santé publique mondial, qui progresse extrêmement rapidement, et qui s’accélère depuis les années 2000. Elle menace notre mode de vie actuel et compromet toutes les avancées que la médecine a effectuées depuis plus de 70 ans. Si les habitudes de surconsommation d’antibiotiques ne sont pas stoppées, l’antibiorésistance pourrait devenir l’une des principales causes de mortalité dans le monde. Il a été évalué qu’en 2050, les maladies infectieuses d’origine bactériennes pourraient en effet provoquer jusqu’à 10 millions de morts par an, soit plus de le cancer. Le rapport de l’Organisation mondiale de la santé de 2014, parle même d’une future ère postantibiotiques, « où des infections courantes et des blessures mineures qui ont été soignées depuis des décennies pourraient à nouveau tuer ».

Les infections bactériennes seraient plus longues et plus difficiles à soigner ; nécessitant l’emploi d’antibiotiques plus puissants et plus chers et le risque de décès causés par des infections bactériennes jusqu’alors faciles à traiter serait beaucoup plus important. De plus, depuis la découverte de la pénicilline, la médecine a fait des progrès considérables en matière de chirurgie complexe, de greffes d’organes, de néonatalogie ou de réanimation. Toutes ces interventions deviendraient impossibles si l’antibiorésistance se développait davantage, car le risque infectieux provoqué par chaque geste médical serait trop élevé.


Comment LIMITER L’ANTIBIORESISTANCE ?

Pour limiter le développement de ces bactéries résistantes, chacun peu adopter un bon usage des antibiotiques et une attitude responsable pour limiter la survenues d’infections, selon les recommandations nationales de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et du Ministère des Solidarité et de la Santé :

  • Adopter un « bon usage » des antibiotiques

  • – Ne pas prendre d’antibiotiques sans prescription d’un médecin ;
    Respecter la prescription du médecin (dose, fréquence, durée) et ne pas arrêter un traitement prématurément, même si l’état s’améliore.
    – Ne pas prendre d’antibiotiques utilisés ou non utilisés lors d’un précédent traitement même si les symptômes semblent les mêmes ; et ne pas donner son traitement à quelqu’un d’autre (un antibiotique est spécifique à chaque personne) ;
    – Signaler tout effet indésirable survenu pendant le traitement à son pharmacien ou à son médecin ;
    – A la fin du traitement, rapporter à son pharmacien toutes les boîtes d’antibiotiques entamées ou non pour destruction et ne pas les jeter dans les toilettes, la poubelle ou l’environnement.

  • Prévenir les infections

  • Hygiène des mains : surtout dans les moments suivants : passage aux toilettes, retour à son domicile, avant de préparer un repas, après avoir éternué / s’être mouché, avant et après avoir pris soin d’une personne.
    Hygiène alimentaire : conserver les aliments et préparer les repas dans des conditions adaptées à chaque aliment.
    Vaccination : contre les infections bactériennes, elle est un moyen d’éviter la maladie, donc le traitement antibiotique éventuel, qui pourrait se révéler inefficace du fait d’une antibiorésistance. Elle permet également d’éviter l’effet indésirable des antibiotiques sur notre flore intestinale.



    Information réalisée à partir des plaquettes des recommandations associées de l’ANSM, Santé publique France, ANSES, de l’Assurances maladie et de l’INSERM (plaquettes de novembre 2018 et novembre 2017) (09/2017), du dossier d’information du Ministère des Solidarité et de la Santé (juin 2018) et de l’institut Pasteur (mars 2017). Pour en savoir plus, des dépliants sont disponibles sur les sites internet de : – L’Assurance maladie : https://www.ameli.fr/ Brochure « Les antibiotiques, utilisés à tort, ils deviendront moins forts » (2011) et dossier « Bien utiliser les antibiotiques » (2018) – Ministère des solidarités et de la santé : https://solidarites-sante.gouv.fr Dossier : les antibiotiques sauvent des vies (2018) – ANSM : https://www.ansm.sante.fr Dépliants « Une infection évitée c’est un antibiotique préservé » (2018) et « Consommation d’antibiotiques et résistance aux antibiotiques en France : soyons concernés, soyons responsables (2019) – CPIAS : http://www.cpias.fr/campagnes/antibiotiques/bon-usage-antibiotiques.htm Dépliant « Les antibios c’est juste quand il faut ! » et « La résistance des bactéries aux antibiotiques »